Philippe Leroux
Souffles
par le concert impromptu
Octobre 1998
Grave MFA/ disques Concord
GRCD 13
L'enregistrement de Souffles pour le second portrait discographique de Philippe Leroux constitue un aboutissement pour le concert impromptu, qui a créé plus d'une vingtaine d'oeuvres de jeunes compositeurs comme Stéphane Bortoli, Gérard Garcin, Bernard de Vienne, Olivier Dejours.
Souffles, premier quintette de Philippe Leroux, est une oeuvre paradoxale : la complexité d'écriture et la virtuosité instrumentale s'opposent à une étonnante simplicité d'écoute. Une oeuvre "inouïe", organique, où le quintette est traité comme un seul instrument respirant et soufflant des alliages de timbres extraordinaires ou virevoltant comme les dix doigts d'un pianiste dans Liszt...
Les trois grandes sections de Souffles sont orientées par trois phrases extraites de l'anthologie Chant Eloigné de Rainer Maria Rilke:
"Là-bas, comme tu appelles, appelles, appelles, appelles, comme si ta vie était en jeu."
"Car c'est au coeur du souffle qu'ils ont soufflé, et s'évanouissent quand le son s'évanouit."
"Mais soudain fait irruption secrètement la grande pulsation."
Philippe Leroux (1959)
Il invente une musique spontanée où transparaît d'emblée l'idée d'un geste naturel et l'évidence de l'inspiration, comme dans sa pièce pour soprano, Je brûle dit-elle un jour à un camarade. Cette grâce teinte l'ensemble de ses oeuvres parcourues par des citations, des mélismes baroques ou bizarres qui animent et font vivre ses formes ouvertes de bout en bout.
De retour de Rome où il a été pensionnaire de la Villa Médicis jusqu'en octobre 1995, Philippe Leroux retrouve Paris et ses commanditaires habituels : Ensemble Intercontemporain, Radio-France, l'INA-GRM...
Gérard Billaudot a édité la plupart de ses oeuvres, dont la diversité (oeuvres pour orchestre symphonique, pour voix, pour ensemble de chambre, oeuvres acousmatiques) trouve ses raisons profondes dans celle des mondes éloignés de ses maîtres Ivo Malec, Claude Ballif et Pierre Schaeffer.
Philippe Leroux a déjà ses lettres discographiques puisque ses compositions figurent dans un CD collectif Feu dévorant édité par l'empreinte digitale/ Harmonia Mundi, ainsi que dans un CD édité par le festival Musique-action de Vandoeuvre-les-Nancy. Le label MFA/ Harmonia Mundi lui a déjà consacré une monographie en 97.
"Des actions sonores (élans, courses, chutes, pulsions, pulsations...) combinées comme des formules (procédé utilisé dans les musiques traditionnelles, par exemple dans le chant grégorien) et s'inscrivant dans une matière (échelles-harmonie, timbres, densités, vitesses, lignes simples ou superposées, plans dynamiques...) sont mises en mouvement par des processus de transformation plus ou moins continus (compression/dilatation, accélération/ralentissement, glissement de hauteur ou de timbre, déphasage/remise en phase, accumulation/filtrage, substitutions, émergence/submergence, mimétismes...) dont les bornes (débuts et aboutissements des processus, fixations, cadences, paliers, tonulations, changements d'échelles-harmonie, axes de miroir, articulations diverses...) définissent les différents cadres du parcours (d'où l'on part /où l'on va)".
- Philippe Leroux
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LA PRESSE EN PARLE...
"...des musiciens qui rivalisent d'aisance et de clarté. Claire, la musique de Philippe Leroux l'est en effet comme de l'eau de roche. Avec une fraîcheur et une fluidité toutes en pointes d'humour et en ellipses désinvoltes. Musique pleinement vivante, qui cache une perfection vétilleuse, ouverte à toutes les aventures de la vraie fantaisie... Un art inventif et rieur, d'une expressivité nerveuse... Une musique heureuse."
- Diapason, 1999
"Des musiques fraîches et joyeuses qui, sous un faux air potache, relèvent d'une esthétique maîtrisée."
- Libération, 1999
"Le souci de faire oeuvre de synthèse ne cautionne pas, dans le cas de Philippe Leroux, d'anecdotiques patchworks esthétiques, mais participe à l'élaboration d'un style qui, tout en illustrant les préoccupations du moment, affiche une puissante originalité... Philippe Leroux n'est aujourd'hui assimilable à aucune orientation dominante... Chacune de ses pièces garantit une excitation permanente des sens et de l'esprit tout au long d'un parcours éminemment ludique. La pièce "Souffles" (1998) donne l'impression de mettre de l'ordre dans la nébuleuse irrationnelle entretenue par un quintette à vent sensible aux nouveaux modes de jeu instrumental, mais glisse progressivement vers des contrées inquiétantes que le concert impromptu évoque avec beaucoup d'à-propos dramatique. Plus elliptique que ses soeurs, cette page, remarquablement écrite... n'en est pas moins homogène ; chaque séquence paraît autant l'aboutissement que l'amorce d'un processus fondateur de l'expression."
- Le Monde, 1999
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